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France / Angleterre : les Bleus en quête d'un exploit ?

Gael Fickou / Crédit Photo : Icon Sport

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Après le revers initial concédé à Murrayfield dimanche dernier face à l'Ecosse (29/18), il n'est donc plus permis d'assister à "une finale" pour l'incontournable "Crunch" qui aura lieu samedi prochain entre français et anglais. Pas de déception véritable, juste l'impression que le XV de France est encore et toujours convalescent, et que la route sera longue avant d'entrer dans la cours des grandes équipes européennes. 4 mois après la gifle reçue face aux All Blacks lors de la récente Coupe du Monde, qui pouvait croire à un renversement de tendance définitif ? Paradoxe d'un rugby hexagonal qui se flingue son avenir, pour favoriser un contexte actuel illusoire au détriment d'un futur complexe...


UN MAL PROFOND
Inutile d'épiloguer sur les maux récurrents et les faits qui constituent l'atmosphère ambiante d'une équipe de France, certes courageuse, mais qui semble terriblement limitée en profondeur et en solutions de rechange. C'est un constat implacable pour les hommes de Guy Novès, qui a repris le flambeau et qui se rend compte jour après jour de l'énorme tâche qui lui incombe. Le toulousain savait dans quoi il s'engageait, connaissant toutes les variantes d'un rugby français égoïste, plaçant les intérêts personnels (en l'occurrence ceux des clubs et de leurs représentants) comme priorités à l'inverse d'une équipe nationale, moribonde depuis trop longtemps, vitrine du rugby à travers le pays, mais dont tout le monde lui tourne le dos. Les performances d'aujourd'hui placent la France en 8 éme position dans le classement mondial de l'IRB. Indigne d'un tel réservoir de joueurs sur le territoire, de compétences reconnues, d'histoire; alors que certains se targuent d'avoir le meilleur championnat domestique du monde, son équipe nationale sombre dans l'oubli.


TENIR LE CAP ?
Guy Novès et son staff, dès leur intronisation, ont parlé d’un retour à un jeu plus ouvert, offensif en adéquation avec l'idée d'une philosophie résolument séduisante, mais qui occulte quelques
points déterminants dans le rugby moderne. La formation française est de l'avis général plutôt cohérente, elle forme des garçons qui peuvent évoluer à un haut niveau et qui tient la route sur le domaine physique. Non, ce qui saute aux yeux c'est peut-être le manque de technique individuelle, souvent trop juste en comparaison aux autres nations. Dans le domaine aérien c'est même éloquent, avec un nombre incalculables de ballons rendus sur ces phases de jeu, déficit chronique qui ne permet pas d'inverser la pression et de subir encore et toujours. Les transmissions sont généralement compliquées, pour justement une équipe cherchant systématiquement le "off-load", ça peut paraître inconcevable de ne pas maîtriser ces gestes d'écoles. Il ne s'agit pas de remettre en question la qualité intrinsèque des joueurs actuels, mais peut-être d'anticiper pour les nouvelles générations, une formation plus pointue sur ces détails qui peuvent faire basculer une rencontre. Question d'anticipation.


VAINCRE LES ANGLAIS, ET APRES ?
La question est volontairement provocatrice. Personne ne galvauderait une victoire samedi face aux anglais venus chercher un Grand Chelem qui leur échappe depuis 2003. Elle viendrait arrondir une fin de tournoi positive sur le plan comptable, permettrait à la France de rester enfin invaincue dans son antre et mettrait du baume au coeur à tout l'environnement qui s'attelle à redorer son blason. En face, les hommes d'Eddie Jones voudront à tout prix la gagne, pour faire oublier en partie l'échec considérable de leur coupe du monde, mais aussi pour basculer dans une nouvelle ère. L'ancien sélectionneur Stuart Lancaster, avait misé sur une jeune génération talentueuse, physiquement impressionnante ainsi que sur des fondamentaux qui dégagent une puissance dévastatrice. A l'image de Jones, qui débarque en Angleterre pour réussir et imposer un style. Celui de la gagne, au diable les envolées et les initiatives farfelues. L'effectif du XV de la Rose est pléthorique, dense et viendra avec une sérénité absolue. Les anglais viendront exercer une pression constante dans les rucks, le centre du terrain sera certainement la clé du match et il est fort à
parier que de multiples passes d'armes au coeur de la défense tricolore, viennent perturber le système mis en place par Guy Novès. A l'envie, avec beaucoup d’orgueil et de panache, les français peuvent réaliser l'exploit qui serait utile d'analyser à moyen terme afin d'effectuer les premiers bilans. La rivalité ancestrale entre les deux formations et l'occasion donnée aux hommes du capitaine Guirado d'ôter la possibilité d'un Grand Chelem aux visiteurs, donneront bien des motivations pour relever le défi. La suite ? On s'accommodera d'une éventuelle victoire, impossible n'est pas français selon l'expression consacrée, sinon les snipers de tout bords tireront sur l'ambulance et les lendemains seront difficiles...

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